Aucune avancée majeure n’est survenue ces 30 dernières années alors que la douleur concerne 12 à 14 millions de personnes en France, volontiers les femmes et les seniors. L’arsenal thérapeutique s’est même plutôt réduit progressivement. D’abord la suppression il y a maintenant quelques années d’un myorelaxant, le Myolastan° et d’un antalgique, le Diantalvic° qui nous étaient fort utiles. Ensuite les précautions légitimes concernant les Ains, qui s’avèrent plus dangereux que nous l’imaginons avec des risques non seulement digestifs mais aussi cardiologiques. Les effets indésirables de nombreux médicaments de la douleur (antidépresseurs, antiépileptiques, opioïdes), responsables de somnolence, difficultés de concentration, prise de poids, vertiges, libido en berne. Et enfin un risque addictif croissant avec la très forte augmentation souvent injustifiée, de la prescription d’opioïdes et leur mésusage, à l’origine de nombreux accidents dramatiques, une centaine de décès par an chez nous et autour de 20 000 aux USA.
Des patients se sentent abandonnés ou incompris puisque les traitements ne les soulagent pas ou mal. Ils peuvent d’ailleurs à la longue s’enfermer dans une spirale délétère avec problèmes relationnels, repli sur eux-mêmes, isolement, désinsertion professionnelle.
Fort heureusement il existe d'autres solutions que pharmacologiques. Si la chimie n’a pas énormément progressé voire a régressé comme nous venons de le voir, d’autres méthodes de prise en charge, parfois fort simples, ont fait le boulot, comme on dit. Dans de nombreuses pathologies chroniques (arthrose, fibromyalgie, lombalgie, PCE), l’activité physique trouve une justification médicale avec une efficacité à présent prouvée et validée. Dans d’autre types de douleurs (migraine, intestin irritable), les TCC, l’hypnose, la musicothérapie, la méditation de pleine conscience méritent d’être proposées et semblent intéressantes. Pour les dls neuropathiques (post traumatiques ou post-chirurgicales, radiculaires (hernie discale), métaboliques (neuropathies du diabète), les méthodes de neuro-modulation, grâce à la miniaturisation des appareils de stimulation, sont plus facilement accessibles.
La neuro-modulation s’appuie sur un phénomène physiologique, la compétition entre les sensations tactile et douloureuse ou théorie du portillon, gate-control pour nos auditeurs anglophiles. Les fibres du tact, conduisant leur message plus vite que celles de la douleur, arrivent plus vite au cerveau et lui ferment la porte au nez. C’est ce mécanisme que vous mettez en jeu sans le savoir lorsque vous vous cognez. Vous frottez et ça vous soulage tant que vous continuez à le faire. Comme vous ne pouvez pas continuer très longtemps manuellement, les appareils d’électrostimulation sont là pour prendre le relais et bloquer ainsi la sensation douloureuse.
La toxine botulique est intéressante dans certaines névralgies de la face et de la nuque ou des migraines qui réagissent mal aux médicaments.
Les centres anti-douleur, ces structures pluridisciplinaires, malheureusement pas suffisamment nombreuses, reçoivent finalement trop peu de malades, autour de 3% des douloureux chroniques. Et regrettons la relève qui risque de ne pas se faire, faute de rentabilité pour l’hôpital et donc d’attractivité pour les médecins.
Le cannabis thérapeutique, une expérimentation qui porte sur 3000 patients a lieu actuellement. Elle ne bénéficie d’aucun financement en dehors des entreprises ou labos qui fournissent le produit, d’où les risques de conflit d’intérêt. Le cannabis semble profiter aux douleurs du cancer et aux douleurs spastiques. Attendons les résultats, mais ça ne semble pas LA solution qui va faire reculer la douleur chronique, contrairement à ce qu’on espérait.
« Certaines douleurs te séparent des gens plus sûrement que les océans » écrit Pascal Dessaint dans « Le bal des frelons ». Raison de plus pour tout mettre en œuvre pour tenter de supprimer ou adoucir ce symptôme aussi vieux que le monde et la médecine. Espérons qu’elle s’en donnera les moyens.
https://youtu.be/ocmqt4DqcA0
Docteur Serge Rafal
Le point sur la douleur chronique, la chronique du docteur Serge Rafal
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Publié le
21/09/2022 à 08h30 - Par Gabriel Attal
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