Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce 37e gouvernement d'Israël et le sixième sous la direction de Benyamin Netanyahou, n'aura pas eu droit aux traditionnels cent jours de grâce. Depuis son investiture, le 29 décembre, l'exécutif israélien enchaine les avis de tempête et les turbulences. Dès le 3 janvier, Itamar Ben Gvir, tout juste investi ministre de la Sécurité Nationale, se rendait sur le Mont du Temple. Le leader de Puissance Juive voulait marquer son nouveau statut le plus vite possible et faire savoir que ses fonctions n'influeraient pas sur ses convictions. Itamar Ben Gvir considère que les Juifs doivent avoir le droit de prier sur l'esplanade et que l'interdiction, fixée unilatéralement par Israël depuis 1967, équivaut à de la discrimination. Finalement, sa visite s'était déroulée sans incident, mais avait tout de même provoqué une séance extraordinaire du Conseil de Sécurité de l'Onu. Une semaine plus tard, c'était la première réunion du cabinet restreint de sécurité convoqué par Benyamin Netanyahou, qui approuvait une série de mesures de rétorsion à l'encontre de l'Autorité Palestinienne qui avait obtenu la saisine de la Cour Internationale de Justice par l'Assemblée Générale des Nations Unies, pour un avis consultatif sur "l'occupation israélienne" des territoires palestiniens et de Jérusalem-est.
Quant au programme de politique intérieure du nouveau gouvernement Netanyahou, il se concentre surtout sur la réforme du système judiciaire. Et suscite, comme on le sait une vive polémique, qui déborde du seul cadre intérieur israélien. Le gouverneur de la Banque d'Israël, qui était la semaine dernière au Forum de Davos, a rendu compte à Benyamin Netanyahou des inquiétudes dont lui ont fait part les partenaires économiques d'Israël, qui craignent les effets d'un affaiblissement des institutions qui fragiliserait les performances et la stabilité de son économie. Et ce projet de réforme a également mis en relief les tensions du côté de l'opposition parlementaire, dont les partis peinent à présenter un front commun et coordonné, laissant la conduite de la campagne à la société civile.
Cela dit, le gouvernement n'est pas épargné non plus par des tensions internes. On l'a vu avec le premier bras de fer entre le ministre de la Défense, le Likoud Yoav Galant, et son ministre délégué, le leader de Sionisme Religieux Betsalel Smutrich, sur le contrôle des activités civiles de Tsahal en Judée Samarie. L'épisode de l'installation vendredi dernier d'un point de peuplement soutenue par Smutrich et aussitôt évacuée sur ordre de Galant, indique que le ministre titulaire de la Défense ne voit pas d'un bon œil le partage des fonctions des forces de sécurité israéliennes dans les territoires. L'ancien officier d'état-major redoute des implications sécuritaires dangereuses sur le terrain.
Et puis Benyamin Netanyahou ne pourra plus compter sur son fidèle partenaire politique Arié Derhy pour apaiser les tensions au sein du gouvernement. Il a dû démettre le leader du Shas de ses ministères de l'Intérieur et de la Santé, après la décision de la Cour Suprême. Et le fait que le parti orthodoxe séfarade ne quitte pas la coalition, ne suffit pas à maintenir l'équilibre des forces politiques. C'est clairement la personnalité d'Arié Derhy qui était utile au chef du gouvernement, même si sa situation judiciaire rendait impossible son maintien dans l'exécutif. Benyamin Netanyahou boucle un premier mois compliqué à la tête de l'exécutif sur la scène intérieure et internationale. Et avec les autres urgences économiques et sécuritaires qui l'attendent, ce n'est que le commencement.
Pascale Zonszain
Premier mois du gouvernement Netanyahou
Actualités.
Publié le
26/01/2023 à 09h35 - Par Gabriel Attal
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