Les Etats-Unis et Israël ont beau être des alliés stratégiques et entretenir une relation privilégiée, ils ont connu des périodes plus ou moins fastes. Mais cette fois, ce n'est pas un désaccord de plus sur le dossier palestinien, qui constitue le principal ou le plus visible facteur de crispation entre Jérusalem et Washington. Cette fois, c'est un problème à plusieurs dimensions. Cela a commencé quelques semaines après les élections de novembre, quand Benyamin Netanyahou a monté sa coalition avec les partis nationalistes et orthodoxes, formant ainsi le gouvernement le plus à droite de l'histoire du pays. Mais à Washington, on avait assuré que ce nouveau gouvernement israélien ne serait jugé que sur ses actes. Et cela se passait d'autant mieux que Benyamin Netanyahou multipliait les messages d'apaisement en direction de la Maison Blanche, en assurant qu'il serait le seul maitre à bord et garderait les deux mains fermement agrippées sur la barre. Cela suffisait à Joe Biden, qui de surcroit connait le Premier ministre Likoud depuis près de 40 ans.
Pourtant, les choses ont commencé insensiblement à se dégrader, un épisode après l'autre. Quand le nouveau ministre de la Sécurité Nationale Itamar Ben Gvir est monté sur le Mt du Temple juste après son entrée en fonctions, Washington a tiqué discrètement. Quand fin février, l'autre ministre nationaliste Betsalel Smotrich a appelé à "effacer" le village palestinien de Hawara, suite à l'attentat qui avait coûté la vie à deux Israéliens, le porte-parole du Département d'Etat a dénoncé des propos "écoeurants". Quand le même Betsalel Smutrich s'est rendu quelques jours plus tard à Washington, il n'a été reçu par aucun membre de l'administration. Et quand la Knesset a voté la semaine dernière l'annulation partielle de la loi de 2005 sur le retrait de la Bande de Gaza et en l'espèce de quatre implantations du nord de la Samarie, c'est l'ambassadeur d'Israël qui a été convoqué au Département d'Etat. Et il a fallu encore une fois une mise au point personnelle de Benyamin Netanyahou, qui a dû spécifier qu'il n'était pas question de reconstruire les implantations démantelées il y a 18 ans. Le parlement israélien a évidemment toute légitimité à voter ou amender des textes de lois, sauf que là, ce n'est pas tout à fait une affaire intérieure, puisqu'elle est liée au dossier israélo-palestinien, où les Etats-Unis jouent un rôle particulier.
Mais il y a aussi l'enjeu beaucoup plus délicat de la réforme judiciaire. Là, il s'agit d'une affaire intérieure israélienne. Sauf qu'elle a aussi des implications extérieures. Sans entrer dans le débat sur l'affaiblissement du caractère démocratique de l'Etat, la controverse qui a fracturé l'opinion israélienne au cours des trois derniers mois, a aussi entrainé une déstabilisation politique. La gestion de cette crise par le Premier ministre a été perçue à l'étranger et en particulier à Washington, comme celle d'un Benyamin Netanyahou qui ne domine plus son gouvernement et qui est ballotté par ses partenaires. Sans oublier le limogeage de Yoav Gallant. Le ministre israélien de la Défense est un personnage clé dans les relations stratégiques entre Jérusalem et Washington, tant au niveau diplomatique que militaire. Et au Pentagone comme à la Maison Blanche, on ne comprend pas si Yoav Gallant est toujours leur interlocuteur ou alors qui doit le remplacer, alors que le Moyen Orient est dans la situation que l'on sait. Benyamin Netanyahou ne se comporte plus de façon rationnelle affirmait hier l'éditorialiste du NY Times Tom Friedman, qui traduisait avec ses mots, les inquiétudes de la présidence américaine.
Pascale Zonszain
Crise multicouches entre les Etats-Unis et Israël
Actualités.
Publié le
30/03/2023 à 09h36 - Par Gabriel Attal
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