Les progrès réalisés dans la connaissance du microbiote et de l’intestin depuis le début des années 2010 marquent le point de départ d’une relecture de la survenue, l’entretien, l’aggravation et probablement bientôt le traitement de beaucoup voire la plupart des troubles et pathologies digestifs mais également des maladies dites de civilisation– allergiques, cardiovasculaires, infectieuses, métaboliques, neurodégénératives…– qui explosent actuellement partout dans le monde. L’intestin et les milliards de bactéries qu’il héberge constituent l’un des piliers voire LE pivot central de la santé, nous en sommes à présent quasiment persuadés.
Ce dernier extrait les nutriments provenant de la nourriture, afin de fournir aux organes l’énergie nécessaire à leur fonctionnement et leur défense. Il constitue par un rôle de filtre et de passoire, notre première barrière de protection contre les toxiques de l’environnement (médicaments, pesticides, polluants divers) qu’il empêche ainsi de pénétrer. Les aliments solides, broyés par la mastication, enrobés de salive, traversent l’œsophage, passent dans l’estomac où ils sont attaqués par les sucs gastriques hyperacides. Ils gagnent ensuite le duodénum où ils subissent l’action des sucs biliaires et pancréatiques avant de rejoindre l’intestin grêle où se produit la majeure partie de l’absorption des nutriments nécessaires au fonctionnement de l’organisme. Le reste du bol alimentaire passe ensuite dans le gros intestin où se trouvent concentrées les fameuses bactéries intestinales au rôle si important. Tout ce qui ne peut plus servir est alors expulsé par les selles.
Le point de départ de ce processus est le déséquilibre bactérien ou dysbiose, conséquence d’une prolifération des mauvaises bactéries. Elles sèment la zizanie et prennent provisoirement le dessus sur les bonnes bactéries qui elles font régner l’ordre. Leur présence en quantités suffisantes dans l’intestin est donc essentielle à la santé d’autant que les mauvaises bactéries libèrent des toxines et des substances agressives. L’organisme réagit par une inflammation locale qui, si elle s’installe, endommage la muqueuse et crée une hyperperméabilité intestinale. Celle-ci a pour conséquences de laisser pénétrer diverses substances toxiques et d’empêcher l’absorption des substances essentielles ou vitales. L’inflammation se généralise. Devenant chronique, elle est à l’origine d’un cortège de troubles, de symptômes variés, d’une pathologie voire d’une maladie.
Il faut donc prioritairement préserver ou rétablir l’équilibre bactérien ? Exactement. D’abord en réensemençant la flore intestinale par une alimentation riche en fruits et légumes ou en complémentant en probiotiques. Ensuite en évitant les aliments qui créent ou entretiennent l’inflammation (sucres à index glycémique élevé, acides gras saturés et trans, aliments raffinés, alcool) et en réduisant cette inflammation par une hygiène de vie dont bien sûr l’activité physique. Enfin, en tentant de rendre l’intestin moins perméable, lui qui est si sensible à de multiples facteurs environnementaux (présence de trop nombreux toxiques, métaux lourds, pesticides, perturbateurs endocriniens) et comportementaux (mauvaises habitudes alimentaires, certains médicaments-antibiotiques, IPP probablement-, le stress).
« Rarement un, jamais deux, toujours 3 » dit un proverbe québécois. C’est vrai. La parfaite connaissance du microbiote et de cette triade de réactions est absolument indispensable pour comprendre l’enchaînement qui conduit à la maladie et inversement pour pouvoir agir selon une stratégie précise et complète qui devrait très vite s’affiner pour tenir toutes ses promesses.
Docteur Serge Rafal
Le fonctionnement de l’intestin, une valse à 3 temps, chronique du docteur Serge Rafal
Actualités.
Publié le
27/04/2023 à 08h00 - Par Gabriel Attal
-
03/04Seulement 5% des Palestiniens soutiennent le Hamas
-
03/04Frappe de drone israélien dans le sud-Liban
-
03/04Isaac Herzog appelle à une normalisation des relations avec l'Arabie saoudite
-
03/04Des observatrices affirment que Tsahal a abandonné leur poste de sécurité pendant 12 heures près de Gaza
-
03/04Les États-Unis jugent Francesca Albanese inapte à occuper le poste de rapporteuse spéciale des Nations Unies en raison d'un "antisémitisme virulent"
-
03/04Israël est "un point d'ancrage au Moyen-Orient", déclare Orban à Netanyahou
-
03/04Donald Trump impose 17% de droits de douane à Israël
-
03/04Un suspect palestinien éliminé après avoir lancé des explosifs sur des soldats près de Jénine
-
03/04Gideon Sa'ar à Jean-Noël Barrot : la guerre pourrait s'arrêter "demain" si le Hamas libère les otages
-
03/04La France estime qu'une confrontation militaire semble inévitable en l'absence d'un nouvel accord sur le nucléaire iranien
-
03/04Le Hamas ne répondra pas à la proposition israélienne de cessez-le-feu
-
03/04Philippe Brun sur Radio J : "Dans la guerre commerciale il faut jouer à armes égales : s’il y a 20% de droit de douane, on doit mettre 20%"
-
03/04Plusieurs terroristes éliminés après des frappes de Tsahal en Syrie
-
03/04La Hongrie annonce son retrait de la CPI lors de la visite de Benyamin Netanyahou
-
03/04Emmanuel Macron remet le prix de la LICRA à Sophia Aram et Arhur
-
03/04Pétain a "sauvé" des Juifs : Eric Zemmour condamné en appel à 10000 euros d'amende
-
03/04Qu’espérer des manifestations anti-Hamas à Gaza ? Chronique d'Arié Bensemhoun
-
03/04Israël se met au parfum, chronique de Jean-François Strouf
-
02/04Miel Abitbol, influenceuse sur la santé mentale, invitée par Emmanuel Macron à l'Elysée
-
02/04Gideon Sa'ar au coordinateur de l'ONU pour la paix au Moyen-Orient : "L'AP doit cesser de payer les terroristes"
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.