"Je suis connue par les services sociaux de la ville de Beer-Sheva depuis mon plus jeune âge, et j'ai fait ma scolarité dans des internats jusqu'à l'âge de 18 ans. Je vous contacte car il y a une semaine, j'ai été expulsée de l'endroit où je vivais et qui appartient aux services sociaux de la ville. Je n'ai pas eu le temps de m'organiser et de trouver un autre endroit où vivre parce que je suis tombée malade du corona", écrivait-elle.
Livnat Green avait raconté son séjour chez la famille Bennett : "Naftali Bennett me réveillait le matin et me préparait une omelette. C'était important pour lui que je ne sois pas dans la rue car c'était une période froide et pluvieuse. Au début j'étais gênée, mais la famille m'a mise à l'aise et m'a fait sentir que je n'avais aucune honte à avoir." Puis, elle a emménagé dans un appartement dédié aux soldats isolés, tout en essayant de trouver un logement à Beer-Sheva, sa ville natale.
Livnat Green (Sapir Cohen de son nom de naissance) a passé 3 années engagée comme combattante au sein de l'unité de la police des frontières. Par le passé, elle avait été hospitalisée dans un hôpital psychiatrique après avoir tenté de se suicider plusieurs fois. Dans une interview, elle avait indiqué qu'elle souffrait de symptômes post-traumatiques suite à son service militaire, et qu'elle avait du mal à conserver un emploi. "J'ai des crises d'angoisse qui font que je me blesse volontairement, je n'arrive pas à me détendre", confiait-t-elle.
Mardi, une demi-heure avant le drame au point de passage de Yatir, une amie proche de Livnat, qui venait d'échanger par message avec elle, a averti la police de son pressentiment concernant son amie. Livnat avait également mis en ligne une photo d'elle dans le train, avec un emoji d'une femme portant le voile avec la légende : "Quel soulagement, quelle paix. Vraiment surprenant." Mais à ce moment là, rien n'indiquait l'endroit où elle allait passer à l'acte, selon la police.
"Plus de 90% des jeunes personnes à risque comme Livnat ne font pas l'armée, et les rares à s'engager sont des soldats isolés (hayalim bodedim). Ils n'ont pas de soutien familial et font souvent face à des situations terribles lorsqu'ils finissent leur service. Personne ne les attend", confie une source qui avait essayé d'aider la jeune femme.
Livnat Green était une amie proche de Tikva Saban, dont le suicide il y a environ un an avait fait la une de tous les médias. C'est elle qui avait découvert la jeune fille inerte dans son salon. "Elle ne voulait pas mourir. Elle ne voulait tout simplement pas continuer à vivre comme ça. Elle voulait qu'on voie sa souffrance afin d'être aidée", avait partagé Livnat sur les réseaux sociaux.
Charlayne Vilmer
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