Dans quel sens va pencher la balance régionale ? Les signaux contradictoires rendent les prévisions plutôt difficiles. Depuis le début de la semaine, les responsables de la défense israélienne multiplient les déclarations, d'abord en direction du Hezbollah, puis de l'Iran. Le chef d'état-major de Tsahal a évoqué de "possibles développements négatifs du côté de l'Iran, qui pourraient hâter une réponse israélienne". "Les Iraniens ont progressé dans l'enrichissement d'uranium comme jamais auparavant. Et nous surveillons de près d'autres aspects de leur avancée vers la capacité nucléaire. Nous avons la capacité de frapper l'Iran et de même que nous sommes attentifs à ce qu'ils mettent en place autour de nous, les Iraniens ne peuvent rester indifférents à la ligne que nous suivons " expliquait ces jours-ci le général Herzi Halevi. On sait qu'Israël préférerait de loin une coalition internationale face à l'Iran s'il fallait en arriver à une action militaire pour stopper son programme nucléaire, mais l'option d'une action israélienne autonome fait aussi partie des plans à l'étude.
Toutefois, il n'est pas question pour autant de frapper l'Iran demain matin. Et même si Téhéran prenait la décision stratégique de passer à la capacité nucléaire, il lui faudrait encore près de deux ans pour obtenir une arme opérationnelle. Ce qui laisse aussi du temps pour envisager d'autres moyens de stabiliser la région. Et c'est là qu'intervient le projet de normalisation avec l'Arabie Saoudite, que Benyamin Netanyahou appelle de ses vœux depuis plusieurs années. Lors de la négociation sur les accords d'Abraham, signés en 2020 avec le Bahreïn, les Emirats arabes unis puis avec le Maroc, le rapprochement avec les Saoudiens n'avait pas pu se concrétiser, surtout parce que Riyad préférait laisser les deux autres Etats du Golfe essuyer les plâtres. Mais aussi parce que l'Arabie Saoudite tient à retirer le maximum de bénéfices d'une nouvelle configuration diplomatique et géopolitique régionale et en essayant d'en être le pivot. Riyad a rétabli ses relations avec Téhéran et travaille à réhabiliter le président syrien Assad, dont il a déjà obtenu la réintégration dans la Ligue Arabe. D'un autre côté, l'Arabie Saoudite n'exclut pas une normalisation avec Israël, mais le prix qu'elle fixe n'est pas donné. Elle exige d'Israël un règlement définitif du conflit avec les Palestiniens. Et elle réclame des Etats-Unis un accord de défense qui la mettrait au même niveau qu'un pays de l'Otan et le soutien américain à un programme nucléaire civil. D'ailleurs, les Américains posent eux aussi leurs conditions : qu'Israël relance les négociations avec les Palestiniens et qu'il abandonne le projet de réforme de son système judiciaire.
Pour Washington, comme pour Jérusalem, cela signifie une prise de risques, dont le bénéfice n'est pas garanti. Pour l'administration Biden, donner à l'Arabie Saoudite ce qu'elle réclame, alors qu'elle ne rejoindra pas le camp anti iranien, peut se révéler dangereux à terme. Sans oublier que l'Iran n'est pas la seule puissance dont elle craint la montée en puissance au Moyen-Orient. Si Washington n'a toujours pas livré aux Emirats les chasseurs F-35 promis en échange de la normalisation avec Israël, c'est parce qu'entretemps, Abu Dhabi aurait autorisé la Chine à établir une base secrète de renseignements sur son territoire. Et pour Jérusalem, le problème n'est pas plus simple. Benyamin Netanyahou, avec sa coalition politique actuelle, aura beaucoup de mal à faire admettre l'abandon de sa réforme judiciaire et la reprise du dialogue avec les Palestiniens. La redistribution des cartes au Proche-Orient ne sera pas pour tout de suite.
Pascale Zonszain
Iran, Arabie Saoudite : quelles cartes peut jouer Israël ?
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