Il faudra encore plusieurs jours avant de connaitre les résultats de l'enquête sur les circonstances précises de l'attaque du 3 juin, qui a coûté la vie à trois jeunes appelés de Tsahal : la sergente Lia Bin Nun, 19 ans, le sergent Ori Itzhak Illouz, 19 ans, et le sergent Ohad Dahan, 20 ans. Les deux premiers ont été abattus dans leur poste de garde et le troisième alors qu'il participait à la traque du terroriste, un policier égyptien devenu terroriste et qui s'était infiltré en territoire israélien, avant d'être finalement abattu par les forces de sécurité. Au-delà du drame, cet épisode vient rappeler que la frontière avec l'Egypte est loin d'être aussi calme qu'on pourrait le croire. Longue de 230 kilomètres, cette frontière sépare le Sinaï du sud du Néguev, deux zones désertiques très prisées par les trafiquants qui y font passer des armes et de la drogue en provenance d'Egypte. Depuis que les deux pays ont signé un traité de paix en 1979, le Sinaï qu'Israël a rétrocédé à l'Egypte était devenu une zone démilitarisée. En tout cas jusqu'en 2012. A l'époque, le président islamiste Mohammed Morsi y fait pour la première fois rentrer des troupes et de l'armement lourd, officiellement pour lutter contre le terrorisme. La situation se clarifie un an plus tard, quand Abdel Fatah al Sissi prend le pouvoir et entreprend de lutter contre les groupes djihadistes du Sinaï, cette fois en accord avec Israël, qui laisse l'armée égyptienne opérer dans la zone. En 2013, Israël décide la construction d'une barrière électronique le long de la frontière, mais pour bloquer l'entrée de migrants clandestins en provenance de l'Afrique de l'Est. Depuis, ce sont donc les trafiquants qui sont le principal problème d'Israël dans cette région, en plus de la Bande de Gaza et des organisations palestiniennes.
Depuis dix ans que le président al Sissi est à la tête de l'Egypte, les relations bilatérales se sont considérablement renforcées, en tout cas aux plans sécuritaire et stratégique, puisque pour le reste, c'est toujours la paix froide. Mais les deux pays coopèrent, leurs hiérarchies militaires se connaissent, de même que les responsables de leurs services de renseignements respectifs, et communiquent sur les enjeux régionaux, qu'il s'agisse de la menace iranienne ou du dossier palestinien. Car l'Egypte est devenu un acteur incontournable et un médiateur de première importance pour Israël à chaque confrontation avec Gaza. On l'a encore vu il y a moins d'un mois, quand les services de renseignements du Caire se sont impliqués dans la conclusion d'une trêve entre Israël et le Jihad islamique. Il faut dire que l'Egypte a aussi intérêt à veiller à une relative stabilité du territoire côtier palestinien, qui est en quelque sorte son arrière-cour et dont elle verrouille la frontière sud.
Tout ceci est important si l'on veut comprendre à la fois le double langage et l'embarras de l'Egypte sur les circonstances de cette nouvelle attaque, mais aussi la prudence de Jérusalem à l'égard du Caire. Une enquête est conduite conjointement par les états-majors des deux armées et le gouvernement israélien veille aussi à traiter l'affaire comme une anomalie tactique, pour ne pas compromettre sa coopération stratégique avec les Egyptiens. Et l'Egypte de son côté, ou en tout cas son président al Sissi a pris conscience, surtout depuis la normalisation des relations entre Israël, les Emirats arabes unis, le Bahreïn et le Maroc, que son pays était peut-être passé à côté de nombreux avantages qu'il aurait pu tirer de la paix avec Israël, en particulier sur le plan économique.
Pascale Zonszain
L'attaque à la frontière et l'importance de la coopération entre Israël et l'Egypte
Actualités.
Publié le
05/06/2023 à 08h57 - Par Gabriel Attal
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