Le gouvernement a acté la dissolution du mouvement catholique intégriste Civitas, a annoncé Olivier Véran ce mercredi 4 octobre à l’issue du Conseil des ministres.
Le mouvement intégriste dissous pour « l’ensemble de son oeuvre »
Le mouvement d’extrême droite Civitas va être dissous « pour l’ensemble de son œuvre », indique Olivier Véran, citant notamment « des rassemblements en hommage à des personnalités emblématiques de la collaboration, « des appels à entrer en guerre contre la République » et des discours « antisémites et islamophobes ». « Civitas considère les droits de l’Homme comme des outils de destruction de la civilisation chrétienne », a-t-il estimé.
Déchoir les Juifs de la nationalité française
Le 8 août, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait demandé cette dissolution, après des propos antisémites de l’un de ses membres Pierre Hillard. Lors de l’université du pays du mouvement, Pierre Hillard avait estimé que « la naturalisation des juifs en septembre 1791 ouvre la porte à l’immigration ». « Peut-être faudrait-il retrouver la situation d’avant 1789 », avait-il conclu avec les acclamations de salle.
Anti-mariage pour tous, « homofolie »pour ces intégristes
Le mouvement Civitas a été fondé en 1999, avant de devenir officiellement un parti politique en 2016. C’est au début des années 2010 qu’il a gagné en notoriété, sous l’impulsion de son président Alain Escada, militant belge d’extrême droite. Civitas s’est notamment positionné contre le mariage pour tous en 2013, qualifiant cette évolution sociale d’« homofolie ».
Des néonazis et des intégristes catholiques
Proche des milieux catholiques intégristes et de la Fraternité Saint-Pie X, l’institut Civitas avait proposé des candidats dans 14 circonscriptions aux législatives de 2017, dont l’ancien conseiller régional du Front national Alexandre Gabriac, qui avait été suspendu en 2011 après la révélation d’une photo où il effectuait un salut nazi devant un drapeau hitlérien.
Des actions politiques et sociétales pour peser sur la vie politique en France
Civitas a tenté de peser dans le débat public notamment autour de nombreuses affaires polémiques. Des avocats proches du mouvement ont notamment assisté les parents de Vincent Lambert dans leur combat pour maintenir en vie leur fils, dans un état végétatif entre 2011 et 2019 à la suite d’un accident de la route.
Plus récemment, Alain Escada a également appelé les sympathisants du mouvement à se réunir à Saint-Brévin (Loire-Atlantique) pour manifester contre le projet de centre d’accueil de demandeurs d’asile (Cada). Le parti s’est opposé en avril à la tenue d’un concert de Bilal Hassani dans une ancienne église de Metz (Moselle).
Michel Zerbib
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