L’équipe de l’Université hébraïque de Jérusalem comprend désormais le rôle d’un gène spécifique, PhDEF, dans la détermination de la forme des pétales des fleurs et la coordination de la production de leur parfum floral.
Le fait que les pétunias aient un seul gène responsable à la fois de la formation des pétales et de la production de parfum indique que la plante optimise son attrait pour les pollinisateurs, dans le cas du pétunia, principalement les papillons de nuit et les colibris. De fait, la fleur, coordonne, si l’on peut dire sa forme et son parfum ! Le parfum est essentiel pour attirer les pollinisateurs. Celui du pétunia, doux ou évoquant le clou de girofle, est souvent plus intense en soirée, notamment chez les variétés blanches et violettes.
Lorsque les chercheurs ont supprimé le gène PhDEF, les pétunias ont produit beaucoup moins des principaux composés odorants que sont le benzoate de méthyle et l’alcool benzylique.
Mais la forme de leurs pétales, déjà développée, est restée inchangée, ce qui montre que la production de parfum peut être modifiée génétiquement sans affecter la structure de la fleur.
Cette découverte a un potentiel considérable pour l’industrie de la parfumerie, où elle pourrait permettre de développer des fleurs aux parfums plus forts, plus durables, et même personnalisables.
En agriculture, cela pourrait permettre d’amplifier les arômes naturels des cultures dépendantes des abeilles pour la pollinisation, optimisant ainsi l’efficacité de la fécondation.
Et en horticulture, cette avancée pourrait permettre d’ajouter des parfums à des plantes qui n’en possèdent pas naturellement.
Jean-François Strouf
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