Bonjour Arié Bensemhoun, cette semaine, vous souhaitez revenir sur les manifestations anti-Hamas qui ont lieu depuis quelques jours dans la bande de Gaza.
Bonjour,
Après plus d’un an et demi de guerre, pour la première fois, nous avons vu des milliers de Gazaouis manifester contre le Hamas ; et depuis une semaine, les protestations ne cessent de se multiplier à travers la bande de Gaza.
« Hamas terroriste », « Hamas dehors », « Le peuple ne veut pas du Hamas » : ces slogans, partis de Beit Lahya, au nord, se sont rapidement et spontanément propagés vers le sud. Le refus des terroristes de prolonger le cessez-le-feu et la reprise de la guerre sont en train de réveiller une colère profonde chez les Gazaouis, fatigués d’être utilisés comme chair à canon ou boucliers humains.
Le Hamas, incapable de réprimer ces manifestations dans le sang comme par le passé, les a laissées éclater pour mieux identifier les meneurs. Le 29 mars, six d’entre eux ont été enlevés, torturés et exécutés.
Pendant que ses dirigeants cherchent des fonds en Turquie et relancent, avec l’Iran, la contrebande d’armes depuis l’Afrique pour prolonger une guerre déjà perdue, un changement de mentalité s’amorce lentement dans la bande de Gaza.
Arié, pourquoi ces manifestations ont lieu maintenant ?
Avec la reprise de la guerre, un profond sentiment de gâchis, mais surtout de désespoir, s’est installé.
La vie à Gaza avant la guerre n’avait certes pas le confort de Paris, Tel-Aviv ou Dubaï, mais elle était néanmoins bien supérieure à celle de nombreuses autres villes et pays arabes. Contrairement à la propagande du Hamas, Gaza n’a jamais été la « prison à ciel ouvert » que l’on a voulu nous dépeindre. On y vivait bien.
La bande de Gaza est un petit territoire. Si le Hamas n’avait pas détourné les milliards d’aides internationales pour alimenter sa machine de guerre, cette région aurait pu rapidement prospérer et devenir un fleuron du monde arabe. Mais le Hamas a fait un autre choix, et les Palestiniens aussi en l’élisant pour les gouverner.
Imaginons un instant où en serait Gaza aujourd’hui si l’ingéniosité, l’intelligence et la méticulosité ayant permis de bâtir un réseau tentaculaire de 800 km de tunnels, au su et au vu de tous, avaient été mises au service d’un avenir prospère et pacifique pour tous.
Aujourd’hui encore, certains tentent de justifier l’attaque du 7 octobre comme une nécessité stratégique pour la « cause palestinienne », mais c’est faux. Ce massacre était un choix délibéré, une décision stupide et suicidaire prise par une poignée de dirigeants d’une organisation terroriste génocidaire. Obsédés par l’idée de tuer un maximum de Juifs, ils ont non seulement trouvé la mort, mais ont aussi précipité leur propre peuple dans le chaos, pendant que leurs maîtres iraniens les abandonnaient à leur sort.
Alors que la communauté internationale honnit le plan Trump de relocalisation des Gazaouis pour leur offrir des perspectives d’avenir, un jeune Gazaoui sur deux affirme déjà vouloir partir. Partir pour vivre et espérer, car dans la bande de Gaza, sous le joug du Hamas, tout cela leur est impossible.
Arié, peut-on espérer que ces manifestations renversent le Hamas ?
Il ne faut jamais insulter l’avenir. Mais, à ce stade, l’idée d’une révolte armée des Gazaouis contre le Hamas relève davantage du fantasme que d’une possibilité crédible. Le Hamas contrôle toujours Gaza d’une main de fer, avec un réseau de renseignement interne qui traque impitoyablement toute opposition.
Mais au fond, les Palestiniens sont-ils réellement en colère contre le Hamas, ou bien sont-ils surtout furieux de la défaite et de ses conséquences ?
Certes, le Hamas est au plus bas dans l’opinion publique, avec seulement 20 % de soutien selon l’institut de sondage palestinien PSR. Mais il ne faut pas oublier qu’il a été légitimement élu, massivement soutenu pendant près de deux décennies, et qu’après les massacres du 7 octobre 2023, il n’a jamais été aussi populaire, avec plus des trois quarts des Palestiniens approuvant ses massacres.
Quoi qu’il en soit, une chose est certaine : la pression militaire israélienne fonctionne.
Le Hamas est acculé, à la fois par Tsahal et désormais par une partie de son propre peuple. Pour les 59 otages toujours détenus, pour les Gazaouis que le Hamas a condamnés à une guerre inutile, ce n’est pas le moment de desserrer l’étau.
La pression doit être maximale et l’opération militaire doit s’intensifier. Ces manifestations anti-Hamas montrent qu’un frémissement se produit enfin. Mais sans soutien extérieur, elles resteront isolées et réprimées dans l’ombre.
Plus que jamais, la victoire totale d’Israël sur le Hamas est la condition sine qua non d’un avenir meilleur, pour les Israéliens, pour les Gazaouis, pour le Moyen-Orient, pour l’humanité.
Arié Bensemhoun
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